LA MARCHE – LES PIEDS – Le bon sens des pieds (2)

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 Écartement des pieds

L’écartement des pieds offre une autre manière de rendre sa démarche méconnaissable. Nous ne parlons pas de l’écart dans le sens du déplacement, qui correspond à la longueur du pas, mais de l’écart latéral, perpendiculaire au déplacement. Cet écart sera positif si on éloigne l’appui du pied droit à droite et celui du pied gauche à gauche, négatif quand le pied droit passe à gauche, et le pied gauche, à droite.

Bref, nous parlons soit d’écarter les jambes en marchant, soit de les croiser.

Spontanément, nous marchons les jambes légèrement écartées (A), de manière à ne pas laisser celle en appui gêner l’autre pendant l’enjambée.

En B, les appuis droits et gauches sont alignés. Les jambes ne se croisent pas, mais celle qui enjambe doit éviter celle en appui. En C, les jambes se croisent, forçant le bassin à se déporter de droite à gauche pour transférer le poids d’un pied sur l’autre.

Vue de dessus schématique des cycles développées des marches A,B et C

La marche A ne nécessite-t-elle pas, elle aussi, une oscillation latérale du bassin pour réduire le porte-à-faux lors de l’enjambée ? Dans une certaine mesure, la vitesse suffit à compenser le déséquilibre. Évidemment, plus on écarte les pieds, moins c’est le cas.  Le bassin cherche alors à se rapprocher des appuis lors des enjambées, et les jambes tendent à se resserrer.

La trajectoire des pieds est de nouveau incurvée, mais à l’inverse des marches croisées.

Rien de bien compliqué. Là où l’affaire se corse, c’est quand, en plus d’écarter plus ou moins les pieds, on prétend marcher en canard ou en pigeon.

Essayez de marcher en canard en croisant les jambes. Spontanément, vous poserez la pointe du pied avant le talon.

Pour faire l’inverse, il faut pivoter plus franchement le tronc de droite à gauche.

Ce n’est pas évident, sauf en y mettant du style.

La marche en pigeon semble plus spontanée,…

… surtout lors des croisements excessifs.

Mais, en animation, rien n’est interdit.

Dès qu’on écarte un peu trop les jambes, on tend à marcher en canard, en posant d’abord le talon.

Si on commence par la pointe du pied, ce dernier tend à se poser parallèlement au sens de déplacement. Pour l’orienter en canard, il faut le forcer un peu.

Inversement, il est plus facile de poser d’abord la pointe du pied si on marche en pigeon…

… mais tout est permis.

Le cas concret de l’alcoolo

Ce cas justifierait à lui seul un traité sur « l’art de tituber », un art subtil qui combine tous les types de marches, qu’elles soient en pigeon, en canard ou ampoulées, écartées ou croisées, à la Sinatra ou à la mon coiffeur, etc…

L’exemple présenté, que l’on obtient, selon les sensibilités, en trois ou six ballons correctement remplis, suffit à déployer l’éventail des possibles. D’extrême en extrême, on reconnait un croisé canard, un écart canard, un croisé pigeon, et enfin un salut du pied qui n’a rien à voir ici mais on ne maîtrise pas tout.

Sauf à faire semblant, ce genre d’exercice ne peut se réduire à animer de simples cycles symétriques, puisqu’il consiste à ajouter des pas afin de varier la manière de poser le pied, de transférer le poids ou de le rattraper, etc… Cependant, si on reste sur l’idée du cycle, l’enjeu est de rester debout en dépit des bordures de trottoirs.

     

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