LES PIEDS – DES PIEDS A LA TÊTE (1)

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Marche basique de profil

 

Cycle en 24

Quand on marche normalement, le tronc reste droit, sauf physionomie particulière. Il oscille verticalement et avance horizontalement à vitesse constante. La synthèse des deux mouvements, horizontal et vertical,  donne au bassin et à la tête une trajectoire verticale sur un cycle sur place,…

… et une courbe proche d’une sinusoïde sur un cycle développé.

Dans le cycle sur place, la trajectoire d’enjambée semble ne dessiner, du levé au posé, qu’une courbe concave. A bien y regarder, les trois moments sont bien présents. Les deux autres se distinguent mieux dans le cycle développé.


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Le pressé

 

Allonger le pas accentue les moments de propulsion et d’amorti des pieds, en même temps que les effets d’oscillation du tronc. Tête et bassin connaissent désormais des variations de vitesse horizontales. Leurs trajectoires deviennent des ellipses approximatives inclinées vers le bas dans le sens de la marche. Une similitude qui masque presque une différence notable :  tête et bassin parcourent chacun leur ellipse en sens inverse de l’autre.

Observons l’effet de cette inversion sur les trajectoires développées. Tandis que la tête dessine  des vagues, pointes en haut, le bassin dessine des dunes, pointes en bas. Autrement dit, les deux reproduisent le même motif (à peu près) à 180° d’écart.


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Le méditatif

 

Augmenter la durée du cycle est une manière plus certaine de faire varier la vitesse du tronc, surtout au niveau du bassin. La tête, plus éloignée des jambes, subit moins l’arrêt à chaque pas. C’est mieux pour réfléchir.

Bien que d’importance inégales, les deux oscillations sont synchrones.

Observons la pointe de la trajectoire d’enjambée, typique d’un pied lancé loin en avant et qui retombe en reculant. Elle rappelle la « poulaine », étudiée sur les cycles de courses.


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Le mécontent

 

Quand on boude, on tape des pieds en s’aidant d’un mouvement du tronc. On le fait sans s’en rendre compte, pas plus qu’on ne sent son corps se redresser en même temps que la jambe d’appui se tend. C’est normal. On ne boude pas pour s’observer bouder, mais pour montrer qu’on boude.

Les trajectoires du bassin et de la tête du cycle sur place sont de simples courbes, effet d’un mouvement sec et nerveux. Notons que l’une plonge en avant tandis que l’autre s’élève. Prolongées, elles seraient sécantes devant le marcheur.

Cette inversion de pente à l’horizontale dessine le même type de vague dans le cycle développé. Simplement, le sommet de courbe est à l’arrière du motif pour la tête, à l’avant pour le bassin.

Dans le cycle sur place, la trajectoire d’enjambée rappelle le type « lampe d’Aladin ». Dans le cycle développé, elle produit des dents de scie émoussées.


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Le discret

Le discret pose la pointe du pied avant le talon. Sa tête et son bassin dessinent des ellipses plutôt ouvertes, effet de sa lenteur et de sa souplesse.

Cette marche est dite « furtive ». Elle se caractérise aussi par le mouvement inverse de la tête relativement au pied levé.


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Le discret pressé

 

Le discret pressé ne prend pas le temps de poser les talons au sol. Plus nerveux, sa trajectoire de bassin est rectiligne et verticale, tandis que sa tête dessine encore une petite ellipse. Mais celle-ci s’élève cette fois vers l’avant, participant ainsi à l’élan.

Les trajectoires développées du tronc du précédent discret dessinaient des concaves plus longues que les convexes. Cette fois, les convexes sont plus longues que les concaves.


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Le pataud

 

Le pataud fait durer l’aplat du pied pendant le double appui pour contrôler un ballant excessif du tronc. Son air bête ne l’empêche donc pas d’être prudent.

Prudent mais optimiste, si on en croit la projection en avant de la tête, signe d’allant. Notons les pentes opposées de la tête et du bassin. En les prolongeant, elles seraient sécantes à l’arrière du marcheur.

Encore une fois, cette inversion produit, dans le cycle développé, une inversion des sommets des motifs des trajectoires (en avant pour la tête, en arrière pour le bassin).


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Le style volatile

 

Le style n’est pas l’esprit. Nous n’entendons donc pas ici une personne peu fiable, mais qui tend à balancer le tronc comme un pigeon, d’où l’expression. Ce ballant s’exerce naturellement si on atténue le moment de propulsion des pieds, vous pouvez essayer.

La trajectoire elliptique de la tête dans le cycle sur place devient une suite de boucles dans le cycle développé. Son amplitude sur place est donc supérieure à 1/2 pas, condition du recul en développé.

Notons l’arrondi marqué de la trajectoire d’enjambée, dû au brusque décollement du pied. Le moment « convexe » a totalement disparu.

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