MARCHE HUMAINE – Caractérisation

                       

CARACTÉRISATION

La condition d’équilibre d’un corps en déplacement dépend de deux choses: du temps d’appuis par pied ou par patte (par point d’appui en général), et de la force d’inertie du mouvement.  Au plus on compte sur l’un, au moins on dépend de l’autre. Le temps d’appui du coureur, sur chaque pied, est bref relativement à son temps de suspension, car l’élan du corps tend à maintenir le mouvement dans la bonne trajectoire quand les deux pieds sont en l’air. Inversement, le temps d’appui de l’escaladeur est très long. Sa force d’inertie s’opposant cette fois à sa direction, il doit constamment veiller à placer son centre de gravité à l’aplomb d’un triangle de stabilité formé par deux pieds et une main, ou deux mains et un pied.

 

La caractérisation d’un mouvement ne consiste pas à étudier des vidéos de danseurs ou d’acteurs. C’est mieux en effet que de se filmer soi-même et de prendre pour vrai un mouvement qu’on n’a pas su exécuter. L’approche que je propose est, à mon sens, plus féconde. Elle demande d’avoir  compris les principes logiques d’une marche, et requiert un peu d’imagination.


1

Quand on pense à une marche de caractère, on pense au prétentieux qui bombe le torse en levant les bras bien haut…

Anim

… à l’alcoolo qui titube…

Anim

… à l’estropié qui avance plus vite du pied droit que de sa béquille gauche…

Anim

… à la femme fatale qui roule du bassin les mains sur les hanches…

Anim

… à celle qui semble sautiller tant elle fait de petits pas en tenant son sac à 2 mains…

Anim

Au majordome droit comme un I.

Anim

Bref, on pense à un stéréotype, un personnage déjà vu, en général au cinéma.

2

Prenons la question sous un autre angle. Sans nous soucier pour l’instant d’un tempérament particulier, voyons ce qu’il se passe quand on prend simplement le contrepied des observations faites sur les 4 poses principales de la marche naturelle. Par exemple, nous avons vu que la phase haute était la phase de passage, la phase basse l’amorti. Et si on faisait l’inverse?

Anim

La marche devient subitement détendue, « cool ». Sans rien toucher d’autre à la marche naturelle!

3

Tentons autre chose. On a dit que l’amplitude d’une marche rapide était plus courte que celle d’une marche normale. Et si…?

Anim

Si ça marche pour la marche rapide, on doit pouvoir réduire l’amplitude de la marche lente, non?

Anim

4

On a dit que le contact se faisait par le talon. Essayons la pointe du pied pour une marche rapide…

Anim

… ou pour une marche lente.

Anim

5

Dans une marche, on prévient les déséquilibres par des « mouvements inverses »: une jambe gauche part devant, le bras gauche part derrière. Prendre le contrepied de l’équilibre, c’est faire tomber le personnage. Sans aller jusque là, on peut au moins imaginer l’aplomb du bras gauche sur la jambe gauche, le bras droit sur la jambe droite. Çà doit vous rappeler quelque chose, non?

 

CONCLUSION

A l’animateur en panne d’inspiration. S’il connait bien les principes d’une marche, il lui reste une astuce : je sais cela, mais je vais faire le contraire.

C’est aussi un principe, peut être le principe ultime. En l’appliquant bêtement, voici que l’on retrouve, sans l’avoir anticipé, l’alcolo qui titube, le majordome raide comme un i, et bien d’autres personnages qu’il nous semble avoir déjà croisés, soit au cinéma, soit dans notre vie.

Dernières anims, mettre celles de cohl.

 

Franchement, c’est mieux que de perdre son temps sur internet, non?

CARACTÉRISATION DE COURSES

 

 

FIN DU CHAPITRE SUR LA CARACTÉRISATION D’UNE MARCHE

© Christophe Clamaron 2021

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