LES PIEDS – Le déroulé (0)

          

LE DÉROULÉ

 

Un scout sait que, pour marcher, il faut mettre un pied devant l’autre puis recommencer. Demandez-lui de préciser, il est perdu.


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Préambule

Un cycle de marche se décline en 8 phases principales, soit 4 par pas. Selon la manière dont on pose le pied, c’est plus ou moins suffisant pour rendre compte de tous les moments du déroulé. Le monstre de Frankenstein, par exemple, marche en 2 temps, 1 pour poser un pied, 1 pour poser l’autre.

A part lui, tout le monde pose le talon avant de poser le pied sur toute sa longueur.

Si on est chaussé pour le ski (de piste), l’exemple est bruyant mais plausible. Toutefois, un pied communément chaussé tend à se dérouler, c’est à dire à poser progressivement sa longueur sur le sol. Ce qui pourrait ressembler à ça.

Dans ce déroulé, effectivement progressif, à peine un point se pose-t-il devant qu’il se  relève derrière. Cela revient à toujours tenir sur deux points, mais deux points sans cesse relayés par deux autres. Le procédé est plus discret que le précédent, mais le pied n’est jamais à plat.

L’analogie avec le sparadrap que l’on colle  d’abord et que l’on décolle ensuite est plus pertinente. Chaque point qui se pose devant reste au sol le temps que tous les points se posent. Lorsque tous sont au sol, l’arrière se lève alors progressivement.

Le procédé suppose toutefois une articulation qui se balade sur la longueur du pied. Les étudiants en dissection le savent, ce n’est pas conforme à l’observation.

La manière dont le pied se déroule rappelle aussi, sous un certain rapport, le principe de la chenille, au sens où chaque maillon ne représente pas un point mais une surface rigide. Chacun se pose à plat après pivot sur sa tranche, puis attend au sol que se pose le maillon suivant.

La mécanique du pied est différente, mais reprend le principe des maillons. Elle en compte deux. Le maillon arrière pivote sur sa tranche arrière (talon) pour poser son plat, attend que le maillon avant pose le sien, puis se lève en arrière. Le maillon avant se lève à son tour, d’abord son plat, puis sa tranche avant (pointe du pied).

Un pied n’est pas formé de maillons rigides, mais d’un squelette enrobé de muscles et de tissu adipeux. Cela lui permet de cumuler les principes précédents, tantôt en déroulant progressivement une partie du pied au sol (zones molles enrobant les pivots) tantôt en posant ou en levant d’un coup une autre (passage d’un pivot à un autre).

REMEETTRE ICI LE SHEMA RONDS + PLATS QUI SE SUCCEEDENTS

 L’ajustement de ces deux moments donne au pied son mouvement particulier.


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Le déroulé

Même en virant phase 4

ANIM déroulé du pied

Une foulée se décompose en 4 temps principaux. La durée d’appui du pied en prend 3, l’amorti, le plat et la propulsion. Ces trois moments forment le déroulé du pied. Le 4ème exprime le moment d’enjambée, où le pied est levé.

L’amorti et la propulsion se subdivisent chacun en deux temps.

L’amorti débute en posant le talon, sur lequel le pied pivote jusqu’à poser toute sa partie arrière. Quand le début des phalanges touche le sol, le pied pose ensuite sa partie avant.

Schéma

La propulsion décolle d’abord l’arrière du pied qui pivote sur le départ des phalanges. Elle fait ensuite pivoter l’avant du pied sur sa pointe, qui décolle en dernier.

Schéma

L’aplat est cette phase intermédiaire entre le posé de l’avant du pied, et le levé de l’arrière. Un moment nécessaire. On ne commence pas à lever l’arrière sans avoir d’abord posé l’avant.

Anim: le pied bascule sur le départ des phalange sans s’aplatir.


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Repérage des extrêmes

Les 8 phases principales d’un cycle de marche ne forment pas des extrêmes valant pour toutes les parties du corps. Dans le cas du pied, ses extrêmes peuvent donner lieu à des phases secondaires.

L’animation ci-dessus présente un modèle de foulée en 6 extrêmes.

1 – Contact talon

1B -Pose du second pivot

2 – Début de plat complet du pied

2B – Fin de plat complet du pied

3 – Levé du talon

3B – Levé du second pivot

4 – Enjambée

4B – Anticipation contact

S’il est préférable d’espacer régulièrement les phases principales dans la durée du cycle, les phases secondaires peuvent être plus ou moins médianes entre les premières. Dans ce cycle en 24 phases, les phases principales se succèdent toutes les 6 phases (1, 7, 13, 19). Seule la 1B est médiane en 4. La 2B est en 12, la 3B, en 15, et la 4B, en 23.


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Du  cycle développé au cycle sur place

Rappel d’une apparente contradiction.

Développer un cycle de marche, c’est distribuer les phases sur une longueur au sol, devant une caméra fixe. Au niveau du pied qui se déroule, cela revient à superposer ses phases au sol.

Animer un cycle de marche sur place, c’est maintenir le corps au centre de l’écran. Au niveau du pied qui se déroule, cela revient à distribuer ses phases sur une longueur de recul au sol.

Pour travailler les phases du pied en transparence, le cycle sur place est a priori plus simple, car il « détache » les phases. Mais l’avantage se perd si l’amplitude de pas est faible. Par ailleurs, les animations ci-dessus ne montrent que les phases principales d’un pas. Nous avons vu que le déroulé d’un pied nécessite plus de phases.


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Trace du développé du pied selon la longueur d’enjambée

Ce modèle schématique permet d’observer les positions du pied selon la longueur d’enjambée. La construction en pyramide de sa trace résulte d’une inclinaison de ses angles à 45°. C’est un peu systématique, mais pratique pour la lisibilité des schémas.La trace ne montre que les extrêmes, cinq pour le déroulé, une pour l’enjambée.

Voici d’abord celle d’une marche sur place. S

Du moment que l’on donne une amplitude au pas, la trace se modifie, mais en partie seulement. La trace du pied en appui est toujours identique, quelle que soit la longueur d’enjambée.

Ce qui change, c’est la trace du pied levé qui, elle, se répartie entre les appuis.

Ce modèle ne présente qu’un seul extrême d’enjambée, en position systématiquement médiane.


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Trace du cycle du pied sur place selon la longueur d’enjambée

Lors d’un cycle de marche sur place, le pied en appui recule. Sa trace évolue donc en fonction de sa longueur de recul. Voici ce que donne la trace d’un marcheur qui fait semblant d’aller au boulot,…

…que l’on pousse pour aller au boulot (enjambée = 1 pied),…

…qui s’y rend de mauvaise grâce (enjambée = 2 pieds),…

… en sifflotant (enjambée = 3 pieds),…

… en craignant d’être en retard (enjambée = 4 pieds), etc.


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Les durées du déroulé

Pour rendre compte des trois temps du déroulé, il faut au moins cinq phases, le minimum pour une marche en 8 (rapport appui/enjambée= 5/3).

ANIM 5 phases en a coups puis vite

En deçà de 5 phases, on court. On peut retirer l’aplat.

Idem sans phase d’aplat

On peut cependant retrouver cet aplat dans un intervalle selon la durée du cycle.

On peut même réduire l’amorti et la propulsion à une phase chacune, la première en amorti et la première en propulsion…

ANIM

… ou la seconde en amorti et la seconde en propulsion,…

ANIM

… voire, la première en amorti et la seconde en propulsion,…

ANIM

… ou la seconde en amorti et la première en propulsion.

ANIM

Pour une course bondissante, on peut n’en retenir qu’une,…

ANIM

… voir aucune.

ANIM

En animation, on fait ce qu’on veut.


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Déroulés rythmés

Le précédent exercice consistant à réduire peu à peu le nombre de phases d’un déroulé nous a amené à donner à ses trois moments des durées différentes, autrement dit, à le rythmer. Cela nous a fait basculer de la marche à la course. Si le but est de seulement rythmer le mouvement, il ne s’agit pas de modifier sa durée. Reprenons l’exercice sur une marche en 24.

Une marche en 24, c’est 13 phases minimales en appui pour 11 d’enjambée par pied. En subdivisant la durée d’appui selon un rapport 2-1-2 (2 phases d’amorti pour 1 (une) phase d’aplat et 2 phases de propulsion, soit 5 phases d’appui en tout), cela nous donne 5 phases d’amorti, 3 d’aplat, et 5 de propulsion. 5 ne divisant pas 13, ce n’est pas tout à fait le même rapport, mais ne chipotons pas.

ANIM

En fait, du moment que l’on dispose d’un nombre de phases suffisant, ce rapport 2-1-2 ne s’impose plus du tout.


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Voici un rapport

6-1-6

ANIM

C’est presque se passer de l’aplat. On peut, au contraire, le mettre en valeur.

4-5-4

ANIM

En l’augmentant encore, les moments d’amorti et de propulsion ne se divisent en deux temps plus ou moins égaux.

3-7-3

ANIM

2-9-2

ANIM

En l’augmentant encore, l’amorti et de propulsion doivent se faire en un temps.

1-11-1

ANIM

Le monstre de Frankenstein n’accorde de temps ni à l’amorti, ni à la propulsion.

0-13-0

ANIM


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Au lieu de modifier le rapport entre l’aplat et les moments qui l’encerclent, on peut modifier celui entre l’amorti et la propulsion. Au profit de l’amorti…

5-3-5          3-3-7          1-3-9

3 ANIMS EN LIGNE

… ou de la propulsion.

5-3-5          7-3-3          9-3-1

3 ANIMS EN LIGNE

Les mêmes en développé.

FIN DE CHAPITRE

© Christophe Clamaron

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