L’ART DE LA MARCHE – Rotation des appuis (3)

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Le quadrupède

Rotation deux à deux des appuis

Si on désynchronise d’un demi cycle chaque patte d’un quadrupède, elles seront synchrones deux à deux. Elles peuvent l’être de trois manières possibles: par paires, latéralement, ou en diagonale.

Cycles en 24 phases          1/2 cycle = 12 phases

La première évoque moins une marche qu’une reptation, et la seconde consiste à faire l’amble, marche que l’on observe chez les ours et les éléphants. La troisième peut être obtenue avec un cheval dressé.

Rotation régulière des appuis

Spontanément, un cheval désynchronise ses pattes d’un quart de cycle, afin de disposer le plus longtemps possible de trois points d’appuis, s’assurant ainsi une meilleure stabilité, et la rotation de ses appuis suit un ordre précis. Avant de révéler cet ordre, voyons les possibilités qui se présentent. Soit cette rotation suit un cercle,  soit elle suit un 8.

La rotation circulaire des appuis peut être horaire ou antihoraire. Elle donne à la marche une allure de course. Elle n’en est pourtant pas une, si on admet qu’une course comporte au moins une phase sans appui.

 

Cycles en 24 phases          1/4 cycle = 6 phases

La rotation en 8 consiste à passer par la diagonale. Là encore, deux possibilités.

en 8 avec enchainement arrière en diagonale

avant droit / arrière gauche / avant gauche / arrière droit

en 8 avec enchainement arrière en latéral

avant droit / arrière droit / avant gauche / arrière gauche

Remarquons que, lors d’une rotation en 8, chaque paire de pattes désynchronise d’un demi cycle la patte droite de la gauche. On peut donc dire, dans ce cas, qu’un quadrupède est la réunion de deux marches bipèdes désynchronisées d’un quart de cycle l’une de l’autre, en avance ou en retard.

De ces quatre possibilités, celle qui convient à un quadrupède, quel qu’il soit, est la troisième, la rotation en 8 avec enchainement arrière des appuis en diagonale. Il semblerait que ce soit l’ordre définitif de rotation des appuis. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les triangles formés par les appuis. Celui qui recouvre le plus de surface est celui qui offre le plus de stabilité.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la compréhension de la manière universelle de marcher des quadrupèdes ne remonte pas à Marey ou Muybridge, pionniers de la chronophotographie. Elle aurait été définitivement précisée dans les années 2000. Autrement dit, malgré l’apport de la photo, de nombreuses représentations, illustrations ou autres, ont de fortes chances d’êtres fausses.

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