Étude n° 23 – On n’arrête pas le progrès

– Un théâtre de marionnettes ! Je reconnais Guignol, le gendarme, Gnafron, le…

– Taisez-vous. Il s’agit d’études sur les mouvements d’épaules possibles quand on marche de façon symétrique. Tous ces caractères combinent les mêmes mouvements simples, juste déphasés différemment. L’art d’obtenir beaucoup avec rien.

– Ne soyez pas modeste. Ce rien rend chacun unique, c’est fabuleux!

– Tant que tous marchent au même pas, je n’ai rien contre.

Étude n°22 – L’art de rouler du bassin

« (…) En pratique, on ne part d’une  trajectoire pour animer un bassin, mais de phases dessinées dont on déduit la trajectoire. Cependant, tant que l’on anime des marches symétriques, on doit s’attendre à toujours retrouver ces figures types, plus ou moins déformées, non seulement en raison d’un déphasage quelconque entre oscillations, mais aussi parce que l’amplitude de chacune d’elles peut varier. (…) »

Lu dans le dossier « la marche« 

– De quelles figures types parlez-vous?

– Des figures simples pour le centre du bassin, comme des boucles elliptiques, ou plus complexes pour les têtes de fémur, comme des  limaçons, des trèfles, des…

– Des limaçons et des trèfles? Vous faites dans le naturalisme?

– Ne me coupez pas. On a aussi des lemniscates, et puis des…

– Des lemni…? Tout ça pour ne pas marcher droit, ça me paraît bien compliqué.

Étude n° 21 – Du fayotage au burnout

« (…) Pencher le buste en avant ou en arrière ne détermine pas a priori sa courbure. On peut aussi bien imaginer un personnage se penchant en avant en se voutant qu’en se cambrant. (…)  »

Lu dans le chapitre « Pentes, courbes et vrilles« 

Moins discutable, se pencher en avant, c’est toujours reculer du derrière. Essayez au lieu de douter!

 

Étude n° 20 – La bonne amplitude de pas

 » (…) tandis qu’une jambe se porte en avant, l’autre, en appui, transfère au bassin son oscillation retour. Les distances s’ajoutant, l’enjambée est deux fois plus longue. C’est le système du bras télescopique articulé. Le déplacement de chaque segment profite de la rotation de ceux qui le précèdent.

A ce propos a été récemment résolue une des nombreuses questions divisant Lamarckiens et Darwinien, celle qui consiste à se demander pourquoi, vu l’efficacité du procédé, la jambe humaine ne compte pas plus de segments, de manière à accroître l’amplitude du pas.

La réponse a enfin été révélée dans un récent numéro d’ « Avenir de la Nature »: cela donne des marches un peu ridicules, et c’est très difficile à habiller. Et, pour être tout à fait honnête, c’est très bien ainsi. Si nous étions capables de démultiplier les distances par ce biais, nous n’aurions jamais eu besoin d’inventer les bottes de sept lieux. Sans regret, donc. »

Lu dans le chapitre « L’onde et le pas« 

Étude n° 19 – L’art d’en rajouter pour rien

« (…) on n’avance pas plus vite avec deux pattes qu’avec mille. C’est l’amplitude de l’enjambée qui compte. Plus elle est grande pour une même durée, plus le mille patte est rapide ».

A ce propos, on connait enfin la raison de cet anachronique fantasme paysan d’être doté de mille pattes, vu que ça ne permet pas d’aller plus vite du four au moulin. Le dernier numéro d’Avenir de la Nature nous donne la réponse, pourtant évidente:  à être en même temps au four et au moulin. »

Lu dans le chapitre « Le mille-patte« 

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